AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  GroupesGroupes  MembresMembres  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ma consolation[ Fic]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

ThE GaMe Is On
..................................

avatar
..................................
Nombre de messages : 5526
Date d'inscription : 13/07/2006
Localisation : Atlantis
Emploi : Leader d'Atlantis




MessageSujet: Ma consolation[ Fic]   Jeu 22 Fév 2007 - 18:40
Titre : Ma consolation
Rating : ché pas encore, entre Pg- 13 et Nc-17 ( une bonne fourchette…mdr)
Genre : drame, avec une touche d’humour
Couple : mcshep ( un pré-slash je dirai…mais ca pourrait changer..enfin peut-être)
Disclaimer : Pas à moi, je n’écris que pour le plaisir d’écrire, et de faire grandir ces deux garçons…
Résumé : …Sa phrase résonne dans ma tête, sans vouloir cesser. C’est toujours ce qu’on dit quand quelqu’un est mort « il a l’air de dormir »…


Ma consolation


Chapitre 1 – POV JOHN


J’appréhende le moment où j’atteindrai le laboratoire de Rodney. D’ailleurs sans le vouloir, j’ai pris le plus long chemin pour m’y rendre. Cogitant à la manière de tourner le tout pour mieux faire passer la nouvelle. Mais comment annoncer à quelqu’un le décès d’un proche ? Oh dieu que je haïs cette tâche, mais je n’ai pas le choix.

Je me revois dans ce bureau. Je ne l’ai jamais aimé et pour cause : à chaque fois que j’y vais c’est soit pour une mauvaise nouvelle, soit pour discuter d’un futur incertain avec Elizabeth. Dès que j’ai vu son visage en entrant, j’ai su que ce pressentiment que j’avais eu depuis mon réveil n’était pas à mettre sur le compte de la demi-bouteille de Vodka de la veille. Je me suis assis en silence, tout en l’observant chercher ses mots comme moi en ce moment. Finalement elle m’a regardé et m’a annoncé la nouvelle sans détours. Je me souviens être resté comme un poisson hors de l’eau, essayant de dire quelque chose, mais rien ne sortait, enfin si, je crois avoir lâché un « mon dieu » ou quelque chose dans le genre. Je me rappelle avoir regardé fixement mes chaussures quand elle m’a prié d’aller le dire à McKay. Pour la première fois de ma vie, je l’ai supplié du regard de ne pas me demander cela, mais elle est restée sur ses positions. « Mieux qu’il le sache par son meilleur ami » m’a-t-elle lancé comme argument. Elle a peut-être raison, mais n’est-elle pas aussi son amie ?

Je soupire, à en fendre une pierre, comme diraient les écrivains. Si seulement j’en étais un, je pourrais tourner le tout en forme littéraire, plus facile à faire passer de par l’élégance de la tournure, la perfection du style et dénoué d’hésitation, mais je ne suis pas un écrivain, seulement un militaire, non même pas, juste John…John Sheppard. A ca m’avance bien, je sais au moins où j’en suis avec moi-même. Mon pas est lent, étrangement long, j’ai l’impression de marcher et de me forcer à m’arrêter pour faire demi-tour. Sur ma route, je ne croise pas beaucoup de monde, dieu soit loué, je n’aurais pas supporté de leur expliquer pourquoi j’étais aussi pâle qu’un mort, pourquoi je ne cessais de soupirer comme un bœuf ou encore de trembler de nervosité. Manquerait plus que je ronge mes ongles jusqu’au sang.

J’arrive au détour du couloir qui mène vers les laboratoires. Mon malaise augmente à chaque pas, de plus j’entends la voix forte et énervée de McKay à travers tout le couloir. Il doit être encore en train de s’énerver sur les nouveaux arrivants ou traiter les autres scientifiques d' "incompétent" ou encore de critiquer et de revérifier alors que tout est parfaitement juste. J’ai toujours été fasciné par la maniaquerie qu’avait Rodney de tout revérifier par lui-même. Peut-être est-ce du au fait qu’il sait tout…enfin, c’est ce qu’il prétend. Doranda a bien démontré que ce génie pouvait se tromper. Quand j’y repense, je ne lui en voulais pas vraiment pour le fait qu’il m’ait désabusé, mais plutôt parce que j’avais failli le perdre ce jour là. Je m’en veux d’avoir été si sec quand il est venu me voir, enfin qu’il m’a attrapé au vol, alors que je le fuyais, pourquoi d’ailleurs ? Je ne le sais plus et ca n’a plus aucune importance, il y a bien longtemps que tout est pardonné, et il m’a montré depuis qu’il avait appris quelque chose de cette histoire.

Ma route m’amène devant la porte de son labo, j’hésite à entrer dans ce sanctuaire de papiers d’emballage de barres chocolatées, de plateaux à demi vide et, de canettes et bouteilles vides. En fait c’est plus une porcherie, qu’un labo, comme les quartiers du scientifique d’ailleurs... Je ne les ai vus certes qu’une fois, le soir où j’ai dû le raccompagner, parce que monsieur avait appuyé sur les bouteilles de whisky, alors qu’il sait très bien qu’il ne tient pas l’alcool et que c’est dangereux pour lui. Enfin d’après Carson. Mais je crois qu’il n’a jamais dormi aussi bien et aussi longtemps depuis que nous sommes ici. Le lendemain même avec sa magnifique gueule de bois, les cernes d’un kilomètre s’étaient réduites…disons à 500 mètres et son appétit était aussi revenu. Pour un temps du moins.

Je suis adossé à l’embrassure de la porte et attends que Rodney ait fini de hurler contre la petite chinoise…ou japonaise, je me rappelle plus…qui lui a encore fait un sandwich au concombre. Cela me fait sourire, c’est vrai que quand nous sommes arrivés, Rodney avait bien besoin d’un petit régime, mais en 3 ans, il a tellement maigri à cause du stress, des entrainements avec Ronon et de nos missions, qu’il aurait plus besoin d’une entrecôte, avec frites et salade pour faire joli. Je le laisse faire, règle numéro 1 avec Rodney quand un non scientifique rentrait dans son labo, attendre pour qu’on vous laisse entrer, sous peine de subir les foudres de Zeus.

En parlant de l’intéressé, il a remarqué ma présence.

- Quel mauvais vent vous amène par ici ? me lance-t-il.

Première pique de la journée, non en fait 4ème, mais aucune importance, ce n’est pas le moment de penser à ça, même si son attitude me détend un peu. Si tu savais comment ta phrase s’approche de la vérité. Je lui offre un sourire, pour paraître normal. Mais je sais qu’il sent que quelque chose va lui tomber dessus. Je le vois dans ses yeux.

- Un très mauvais, je le crains.

Sa bouche dessine un O qui meurt dans sa gorge. Je commence à être mal à l’aise, cherche toujours l’ultime formulation, mais ne la trouve pas. Devant moins, les yeux bleus, reflète une inquiétude et appréhension profonde.

-Pourrions-nous parler dans un coin plus tranquille ?
-Euh…oui…bien sûr.

Il paraît soudain si docile, serais-je donc si transparent ? C’est vrai que je n’ai jamais su mentir ou cacher la vérité bien longtemps, enfin ce genre de vérité. Il m’entraine dans un coin plus tranquille de son labo, pendant le petit chemin, je manque de me casser la figure sur une peau de banane, quelle bonne blague cela aurait fait dans d’autres circonstances.

-Alors dites-moi pourquoi vous arborez la mine de "je dois lui annoncer une mauvaise nouvelle" ?

Son calme m’étonne, il sait qu’aujourd’hui je joue les oiseaux de mauvais augure et attend, comme un condamné attend sa sentence.
-Rodney…je…
-Allons Sheppard, ce n’est pas aujourd’hui que vous allez faire dans la dentelle, dites-moi ce qui vous amène ici.
Ma gorge se noue, sa franchise me fait peur, j’ai peur de détruire cet homme qui a déjà tant souffert. Je me force un petit sourire, mais cela paraît tellement faux. Je cherche l’inspiration de l’écrivain, mais seul le terre à terre arrive. Je sais qu’il déteste qu’on tourne autour du pot, mais j’hésite à lui dire cette vérité sans le préparer. Rodney lui s’impatiente, je le vois, ses mains recommencent leurs exercices de pianiste. Ma contemplation me plonge dans un autre monde, que je quitte bien vite.

-Rodney, votre sœur est…morte ce matin…

Je vois son visage se déformer à cette révélation, allant de la surprise, à la douleur pour terminer à une profonde tristesse. Je n’ai pas eu le cran de continuer comme l’avait fait Elizabeth, je comprends sa froideur quand elle me l’a annoncé. Rodney ne dit rien, ne fait rien, il me regarde, attendant la phrase : "mais non c’est une blague" et les foudres pas vraiment méchantes qui s’en suivraient, mais devant mon silence, il comprend que je ne plaisante pas. Il inspire plusieurs fois avant de me demander d’une voix tremblante.
- Non.
- Une crise cardiaque,…elle paraissait dormir quand on l'a trouvée.

Il se retient au bureau, et ravale ses sanglots pour faire bonne figure. Je le vois qui se referme sur lui, s’écroule comme un château de cartes. Je n’ai eu qu’un contact de 3 mois avec Jeannie Miller McKay, mais déjà je me suis attaché à elle, c’était quelqu’un de bien et très proche de son frère, même si leurs rapports n’étaient pas ceux des contes de fée. Ma main se pose sur l’épaule de Rodney, je veux qu’il sache qu’il n’est pas seul, que je suis là au cas où la peine serait trop grande. Il renifle quelques fois avant de se relever et souffler un bon coup.
- Ca va aller, me dit-il avec un sourire pour appuyer sa réponse.
- Vous en êtes sûr ?
- Oui John, j’en suis sûr, ne vous inquiétez pas…
Je sais qu’il joue un rôle, celui de l’homme qui ne s’est pas brisé, mais intérieurement j’ai bien entendu un bruit de verre cassé. Je lui tapote l’épaule d’un geste amical. Je sens qu’il veut que je parte, juste parce qu’il ne veut pas pleurer devant moi ou ses employés…la seule personne qui l’ait vu pleurer, c’est Carson.
- Je…je dois prendre l’air.
- Bien sûr.

Je le regarde s’en aller, j’ai toujours envié la relation entre Rodney et le médecin, leur tutoiement aussi. Je l’ai bien proposé à Rodney, mais il a refusé, je n’ai pas compris pourquoi. Il a certainement ses raisons, et comme nous le savons tous, Rodney est quelqu’un de très compliqué. Je soupire, le 100ème de la journée et il n’est que 14h30. Les antutres scientifiques me regardent, ils m’énervent, si bien que je leur ordonne sèchement de retourner à leur besogne avant de sortir du labo. J’aperçois Rodney à l’angle du couloir, adossé contre le mur, mais je respecte le fait qu’il ne veut pas partager sa peine, bien que mon désir profond serait de le prendre dans mes bras, de le réconforter et de lui dire ces phrases idiotes pour le réconforter. C’est là qu’il lève la tête vers moi, nos regards se croisent, fusionnent. Un frisson parcourt mon corps et avant que je ne réalise ce qu’il veut dire, Rodney s’en va en courant. J’amorce un pas pour le suivre, mais je change d’avis, sa peine est profonde, très profonde, mêlée de remords. J’ai peur pour lui, mais me force à lui faire confiance qu’il ne tentera rien de stupide. Encore en plus mauvais état qu’avant je quitte la section des scientifiques pour me rendre au briefing avec les Geniis qu’Elizabeth a organisé. La vie continue, je dois faire avec.

_________________

    And it's coming closer ■ Driven by the strangled vein, showing no mercy I do it again. Open up your eye, you keep on crying, baby. I’ll bleed you dry. The skies are blinking at me. I see a storm bubbling up from the sea
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://pegasus-mystery.highforum.net

Invité
Invité
..................................

..................................




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   Jeu 22 Fév 2007 - 22:11
J'aime bien ton style, c'est plus facile à la première personne du singuliers. On dirait un vieux manuscrit de Stephen King simplifié. C'est bbien écrit, le style est fluide et clair. Je ne peux te dire que de continuer =)
Revenir en haut Aller en bas

•Mod made in Scotland•
..................................

avatar
..................................
Nombre de messages : 2507
Date d'inscription : 14/07/2006
Localisation : Atlantis
Emploi : Médecin en Chef / Chirurgien




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   Jeu 22 Fév 2007 - 23:32
J'aime beaucoup ce début, on voit bien les reflexion de John sur comment annoncer ce genre de nouvelle et on se rend bien compte qu'il n'y en a pas. J'ai hate de lire le POV de Rodney (s'il y en a un :)).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
Invité
..................................

..................................




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   Ven 23 Fév 2007 - 17:43
Super bien écrit comme d'habitude... je pense que je fait que me répétté à chaque fois mais quand les compliments sont mérité, sa fait toujours plaisir de les entendre ;)
Revenir en haut Aller en bas

ThE GaMe Is On
..................................

avatar
..................................
Nombre de messages : 5526
Date d'inscription : 13/07/2006
Localisation : Atlantis
Emploi : Leader d'Atlantis




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   Ven 23 Fév 2007 - 22:09
Chapitre 2- POV RODNEY

Comment voulez-vous travailler, alors que vos employés ne font pas ce que vous leur demander ? Et après on me demande pourquoi je hurle du matin au soir. Cette chinoise ou japonaise, peu importe, m’a encore refait le coup du concombre. Comment peut-on être aussi débile pour arriver à refaire la même erreur par 10 fois. Je m’emporte contre la jeune femme. D’habitude il m’en faut plus pour sortir ainsi de mes gonds, en général je réserve cela pour mes fins de soirée. Mais aujourd’hui, il faut que j’évacue cette pression, ce nœud que j’ai au fond de l’estomac, cette impression d’avoir perdu quelque chose sans pouvoir déterminer ce que c’est. Une angoisse grandit en moi, je pressens déjà une mauvaise nouvelle se pointer à l’horizon.

Je mets du temps à remarquer la présence de John. Non en fait, je l’ai senti, il est là à attendre, n’osant entrer ou m’interrompre. Finalement la fille s’en va en pleurant et je me retourne vers le militaire, lui souriant comme à mon habitude.
- Quel mauvais vent vous amène par ici ? Lui lançai-je.

C’est là, exactement là, à cet instant que je le vois se battre avec lui même, de chercher quelque chose que je ne voudrais certainement pas entendre.

- Un très mauvais je le crains, me répond-il.

Mes doutes se concrétisent, aujourd’hui, ma mauvaise nouvelle prend des airs d’ami. Je me déconnecte lentement de la réalité, ma tête s’embrouille, j’ai chaud, je crois que je lui réponds un « oh » ou du moins j’en commence le mouvement.
-Pourrions-nous parler dans un coin plus tranquille ?
-Euh…oui…bien sûr, articulai-je.

Je me surprends à être aussi calme, peut-être qu’inconsciemment je me suis préparé à encaisser. Je l’entraine près de la remise et lui fait face. Il me dévisage comme il a l’habitude de le faire quand il a une chose importante à me dire. Je m’inquiète, John n’est pas quelqu’un de très subtil dans les affaires délicates. Il se met à parler…enfin parler, plutôt commencer cette phrase de préparation. J’attends frustré par l’ignorance, frustré et inquiet de le voir ouvrir et fermer la bouche comme un poisson hors de l’eau. Je le pousse, un peu désagréablement et obtient ma réponse.

-Rodney, votre sœur est…morte ce matin…

Je le regrette déjà, pourquoi a-t-il fallu que je renonce à cette stupide préparation de « vous devez être fort » ou encore « c’est votre sœur… » N’importe quoi. Mais là sa réponse me frappe de plein fouet, me transperce jusque dans mon âme. Ma respiration s’accélère, j’ai l’impression de suffoquer et regrette amèrement de ne pouvoir revenir en arrière. Le cours d’un instant je l’observe, espérant voir briller dans ses yeux cette malicieuse lueur qui s’y installe quand il lâche une idiotie quelconque, mais rien…rien en cet instant n’aurait pu détendre l’atmosphère lourde qui nous étouffe l’un et l’autre. La réalité s’impose à moi par le vert clair, brillant et inquiet de John. J’essaye de me calmer, de retarder ce sentiment qui est en train de naître en moi. Je respire en longues inspirations, pour finalement lâcher un "non". Il n’y a rien d’autre à dire, les mots meurent dans ma gorge. En y réfléchissant à quoi cela m’aurait servi de dire autre chose ? Jeannie aurait-elle été moins morte ? D’habitude beau parleur, je me confonds dans le silence. Parler, toujours parler, cela ne sert plus à rien. Ou alors à si peu, à faire semblant. Mais à quoi bon ? Au fond, rien ne sert à rien.
- Une crise cardiaque,…elle paraissait dormir quand on l'a trouvé.

Mon cœur bat à tout rompre. Je ne trouve même pas la force de pleurer. Cependant j’en ai autant besoin qu’envie. Mais pas devant lui, pas devant John, je retiens ma fontaine pour plus tard. J’ai la tête qui me tourne et doit me tenir au bureau. Cela me réconforte de ne pas avoir à regarder le militaire dans les yeux, je ne pourrais pas résister à l’envie de me nicher dans ses bras et pleurer….toutes les larmes que je ravale difficilement une part une.
Sa phrase résonne dans ma tête, sans vouloir cesser. C’est toujours ce qu’on dit quand quelqu’un est mort « il a l’air de dormir ». Mais ce n’est qu’hypocrisie. On sait très bien que la mort ne ressemble pas au sommeil et on voit très bien la différence. L’homme a peur de la mort, il n’ose pas l’affronter. Aussi il se tranquillise en la comparant à l’immense plaisir qu’est un sommeil peuplé de rêves. Jeannie, ce matin, ne rêvait pas, elle n’existait plus ! Et au lieu de cette expression de bonheur qu’on peut lire sur les traits d’un être cher endormi, il y a une raideur terrifiante.

Je ferme les yeux, essayant de me remémorer ma dernière visite chez Jeannie, mais je n’ai pas le temps. Je sursaute en sentant une main se poser sur mon épaule. Oh John, si tu savais comme ce simple geste vient comme un baume sur mon cœur. Je te remercie muettement d’être là, mais j’ai besoin de la solitude pour réfléchir, pour me retrouver et faire mon deuil. Je me reprends, il faut que je sorte d’ici.

- Ca va aller...
- Vous en êtes sûr ?
- Oui John, j’en suis sûr, ne vous inquiétez pas…
Je prends un peu d’assurance, même si je sais que je suis mauvais acteur devant John. Je n’ai jamais su vraiment lui mentir. Il me tapote l’épaule pour me réconforter. Je me laisse faire, mais bientôt mon chagrin devient trop grand pour le retenir. Il faut impérativement que je quitte cette pièce avant de craquer.
- Je…je dois prendre l’air.
- Bien sûr.

Je m’enfuis pratiquement du labo. Je sens que John veut me suivre, mais ne le fait pas. Seul Carson sait pourquoi je continue à vouvoyer John, pourquoi je continue à l’appeler Sheppard et en de très rares occasions comme aujourd’hui, John. J’ai peur de trop m’attacher à lui, pour connaître finalement le même sentiment que maintenant si je venais à le perdre. A cette pensée, mes jambes commencent à me lâcher, je dois me retenir au mur. La distance entre lui et moi n’est pas encore assez grande, mais je ne peux plus avancer. J’ai envie de vomir, un nouveau vertige me force à fermer les yeux et m’adosser au mur. Quelques secondes plus tard, je sens ce frisson dans la nuque qu’on a parfois quand on est épié. J’ouvre les yeux et tombe sur ceux de John. Ils sont emplis d’inquiétude et de remords. Son regard m’attendrit, je me sens aspiré par ce vert et baisse ma garde quelques secondes. Je sais que cela suffit à John pour me percer à jour. Je ne peux plus soutenir son regard nullement pesant, retrouvant l’usage de mes jambes je fuis, encore une fois aussi vite que je le peux sans regarder derrière moi.

Ma course effrénée m’amène aux balcons. Le virage à prendre m’enlève mes dernières forces. Je tombe à genoux arrivé à mon refuge de fortune. Chaque respiration me fait souffrir. Mes poumons en feux se liquéfient, du moins j’en ai l’impression. Ma tête bourdonne, j’ai l’impression qu’elle va éclater. Ma souffrance me dépasse, si bien que je me mets à hurler à m’en casser la voix avant de frapper de mes mains le sol froid. Je le tape à en avoir les mains en sang, mes forces m’abandonnent, tout ce que je peux faire c’est me pencher en avant et pleurer. La nuit vient de tomber sur Atlantis, et comme à chaque fois, elle est glacée. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis sur ce balcon, la tête contre le sol, laissant le froid m’engourdir, m’anesthésier, moi et ma douleur. Ma vie défile sous mes yeux, tous les moments passés avec ma sœur, les bons comme les mauvais. Même si nous n’avions plus un très bon contact, nous étions proches, nous étions là l’un pour l’autre. Mon Dieu, l’imparfait s’installe déjà en parlant d’elle. Je ne veux pas, non, ca doit être un rêve, un cauchemar et je vais me réveiller bientôt. Mes mains endolories n’ont plus la force de taper, alors du front je recommence. Je n’ai plus de force et pourtant j’arrive encore à bouger la tête. Je me sens si vide, sans famille ni racine.

- Rodney…bloody Hell…qu’est-ce que tu fais ?!

Je ne suis plus vraiment conscient de ce qui se passe, mais je reconnais l’accent de Carson, je me sens soulever et atterrit sur une surface chaude et molle. Il m’a pris dans ses bras. Je suis un glaçon comparé à lui, il le sent, me frictionne pour me chauffer. Mais qui a dit que je voulais de la chaleur ? J’essaye de lui échapper, mais cette fois mes forces m’ont complètement abandonné. Je n’ai d’autres choix que d’accepter son aide et laisse céder mes barrières pour à nouveau éclater en sanglots dans ses bras.

- Chuuut…Rodney….

Chhut Rodney ? Il me parle comme à un enfant qui serait tombé. Mais ca m’apaise, sa main sur mon dos m’apaise, son bercement m’apaise, si bien que je commence à somnoler. Piégé entre 2 mondes, je sens à peine le médecin m’emmener l’infirmerie. Je suis trop fatigué pour apprécier la douceur du lit. Carson me soigne, mais pas seulement physiquement, comme John avant lui, il remet une couche de ce baume guérisseur sur mon cœur…sur mon âme si fragile. Il reste à mon chevet jusqu’à ce que je fuis définitivement la réalité pour me réfugier dans les bras de Morphée.

_________________

    And it's coming closer ■ Driven by the strangled vein, showing no mercy I do it again. Open up your eye, you keep on crying, baby. I’ll bleed you dry. The skies are blinking at me. I see a storm bubbling up from the sea
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://pegasus-mystery.highforum.net

•Mod made in Scotland•
..................................

avatar
..................................
Nombre de messages : 2507
Date d'inscription : 14/07/2006
Localisation : Atlantis
Emploi : Médecin en Chef / Chirurgien




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   Ven 23 Fév 2007 - 22:26
Très joli POV, on voit bien les reflexions de Rodney. C'est très bien écrit, bravo :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

..................................

..................................




MessageSujet: Re: Ma consolation[ Fic]   
Revenir en haut Aller en bas
 

Ma consolation[ Fic]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Pegasus' Mystery :: [H]ors [R]pg :: Créa-section-